J.O. Numéro 260 du 8 Novembre 1998 page 16893
Textes généraux
Premier ministre
Circulaire du 6 novembre 1998 relative à la délinquance des mineurs : mise en oeuvre des décisions adoptées par le Conseil de sécurité intérieure
NOR : PRMX9803249C
Paris, le 6 novembre
1998.
La ministre de l'emploi et de la solidarité, le garde des sceaux, ministre
de la justice, le ministre de l'éducation nationale, de la recherche
et de la technologie, le ministre de l'intérieur, le ministre de la défense,
le ministre délégué à la ville, la ministre déléguée
chargée de l'enseignement scolaire et le secrétaire d'Etat à
la santé à Mesdames et Messieurs les préfets, Mesdames
et Messieurs les procureurs généraux, Mesdames et Messieurs les
recteurs, Mesdames et Messieurs les directeurs des agences régionales
d'hospitalisation
Le Conseil de sécurité intérieure, réuni le 8 juin
1998 sous la présidence du Premier ministre, a arrêté les
orientations d'un plan gouvernemental de lutte contre la délinquance
des mineurs qui constitue l'une des questions les plus préoccupantes
pour la société d'aujourd'hui.
L'évolution de la société, la situation économique,
la crise urbaine et les difficultés d'intégration sont autant
de facteurs qui contribuent à cette délinquance et doivent être
traités dans le cadre de la politique éducative, de la politique
familiale et de la politique de la ville.
Les orientations principales du Gouvernement sont les suivantes :
Agir sur l'environnement des jeunes :
- en responsabilisant les parents et en permettant aux familles d'exercer leurs
responsabilités éducatives ;
- en renforçant le rôle de prévention de l'école
;
- en améliorant l'accès des jeunes à l'emploi ;
- en protégeant les mineurs des effets de certains médias ;
- en s'attaquant aux trafics, notamment de drogue, dans lesquels des mineurs
peuvent se trouver impliqués.
Apporter une réponse systématique, rapide et lisible à
chaque acte de délinquance quel qu'il soit :
- pour les affaires les moins graves, les mesures d'avertissement, de rappel
à la loi, de classement sous condition et de réparation seront
systématisées ;
- pour les affaires les plus graves, les prises en charge seront diversifiées
et les sanctions renforcées et adaptées.
Des circulaires vous ont d'ores et déjà été adressées
par certains d'entre nous pour mettre en oeuvre des éléments de
ce plan d'ensemble. La réalisation des objectifs énoncés
ci-dessus implique non seulement une forte mobilisation des services de l'Etat,
mais également le recours à de nouvelles méthodes d'intervention,
privilégiant l'action partenariale dans un cadre territorialisé.
Mis en place sur la base d'une géographie prioritaire, le plan gouvernemental
s'inscrit dans une logique de programmation pluriannuelle.
1. La mobilisation des
services
autour d'un projet territorialisé
1.1. La mobilisation des services de l'Etat
Il convient de mettre en place une coordination plus étroite entre le
préfet, le parquet et les autorités académiques en vue
d'élaborer rapidement un plan d'action spécifique dans les vingt-six
départements les plus sensibles (voir annexe). Le principe devra être
généralisé à l'ensemble du territoire. En effet,
le Conseil de sécurité intérieure a considéré
que si l'acuité des difficultés était telle dans certains
départements qu'il était urgent d'y mobiliser toutes les énergies
dans les plus brefs délais, il n'en restait pas moins que la délinquance
des mineurs devait, partout, faire l'objet d'une attention particulière.
La justice des mineurs sera réorganisée par le renforcement de
la spécialisation des parquets et des juges d'instruction, la mise en
oeuvre d'une fonction de coordination confiée notamment aux vice-présidents
des tribunaux pour enfants et la création de postes de magistrat, en
particulier de juge des enfants. La circulaire signée, le 15 juillet
1998, par la ministre de la justice présente les orientations de politique
pénale devant être mises en oeuvre par les parquets.
Les parquets traiteront en temps réel les procédures impliquant
des mineurs. Ils s'appuieront, pour la mise en oeuvre des mesures alternatives
aux poursuites, sur la collaboration de délégués du procureur
de la République, personnes issues de la société civile,
recrutées et formées à cette fin, qui pourront intervenir
dans les maisons de justice et du droit dont le développement est prévu
en 1999.
Le dispositif de prise en charge éducative des mineurs sera réorganisé
:
- en développant la mesure de réparation qui s'avère particulièrement
adaptée aux mineurs dans la mesure où elle permet de leur faire
comprendre la portée de leurs actes, d'entendre les victimes et d'associer
les collectivités locales, les associations et des personnes physiques
habilitées à sa mise en oeuvre ;
- en mettant en place, dans chaque département prioritaire, une cellule
de coordination de l'accueil d'urgence associant des représentants du
secteur associatif et de l'aide sociale à l'enfance, en concertation
avec les magistrats des juridictions pour mineurs ;
- en coordonnant l'accueil et le suivi des mineurs qui font l'objet d'un éloignement
afin d'éviter toute rupture dans leur prise en charge et en diversifiant
les modalités d'accueil autour, notamment, d'une augmentation des capacités
d'accueil en placement familial et du nombre des dispositifs éducatifs
renforcés ;
- enfin en développant les dispositifs d'insertion scolaire et professionnelle.
Les conditions d'incarcération des mineurs seront améliorées
par :
- le réexamen de la carte pénitentiaire des établissements
habilités à l'accueil de mineurs afin, en tout premier lieu, d'alléger
les effectifs des mineurs pris en charge par les établissements de la
région parisienne et des plus importantes agglomérations. La création
de nouveaux quartiers, constitués d'unités de vie 15 à
20 places devra faciliter la prise en charge individuelle de ces jeunes détenus
et permettre de les rapprocher, selon les besoins de leurs situations, de leur
milieu d'origine ;
- le renforcement de l'encadrement spécifique des quartiers mineurs -
enseignants, psychologues, personnels de surveillance formés à
ce mode d'intervention, animateurs culturels et sportifs. Des actions de formation
seront réalisées conjointement par l'administration pénitentiaire
et la protection judiciaire de la jeunesse à l'intention des personnels
en charge des mineurs détenus ;
- l'augmentation et la diversification des activités culturelles et sportives
développées auprès de ces jeunes détenus.
S'agissant des services de la police nationale, il a été décidé
de doter les départements très sensibles d'au moins une brigade
des mineurs et d'accroître la compétence de celle-ci en leur confiant
le contentieux lié aux violences commises en milieu scolaire. La gendarmerie
nationale complétera, quant à elle, le dispositif de ses brigades
de prévention de la délinquance juvénile, compétentes
sur l'ensemble du département où elles sont implantées
pour traiter à la fois de l'enfance en danger et de la délinquance
des mineurs. Le nombre de ces unités sera porté de 11 à
21 dès 1998.
Ces unités seront systématiquement mises à contribution
en tant que lieux ressources, leur spécialisation et leur pratique professionnelle
les rendant particulièrement compétentes pour opérer les
expertises nécessaires au traitement des affaires concernant ou mettant
en cause des enfants ou des adolescents.
En outre, dans chaque circonscription de sécurité publique et
dans chaque compagnie de gendarmerie départementale est mis en place
un « correspondant local jeunes » chargé notamment de tenir
le « tableau de bord » de la délinquance liée aux
mineurs. Le correspondant sera l'interlocuteur privilégié des
différents partenaires et participera à la mise en oeuvre des
dispositifs locaux de sécurité.
Au niveau départemental, deux « référents jeunes
» seront respectivement désignés pour les services de police
et pour la gendarmerie. Ces deux responsables centraliseront les informations
départementales sur la délinquance des mineurs, coordonneront
l'action des « correspondants locaux jeunes », ainsi que des brigades
des mineurs du département.
Ces mesures seront progressivement mises en application dans l'ensemble des
départements concernés.
Enfin, un effort massif de formation aux problèmes posés par la
délinquance des mineurs sera assuré en direction des personnels
de la police et de la gendarmerie.
1.2. La mobilisation
des instances partenariales
Au-delà du renforcement des moyens propres à l'Etat et compte
tenu de la multiplicité et de la diversité des mesures préconisées,
l'efficacité de la lutte contre la délinquance des mineurs suppose
de mobiliser les collectivités locales, les associations et les citoyens
autour de la prise en charge des mineurs. Il conviendra pour ce faire de s'appuyer
sur les structures existantes.
En ce sens, la question de la délinquance des mineurs devra être
traitée de façon spécifique et dans toutes ses composantes
par les instances que vous animez ou auxquelles vous participez, et qui ont
trait à la délinquance ou à la jeunesse.
1.2.1. La constitution
d'un groupe de suivi au sein
du conseil départemental de prévention de la délinquance
Les conseils départementaux de prévention de la délinquance
sont chargés, dans le cadre fixé par le décret no 92-343
du 1er avril 1992, d'analyser les diverses formes de la délinquance et
de proposer aux autorités compétentes des mesures adaptées
aux réalités locales en vue de réduire le nombre d'infractions
commises dans le département.
Dans le cadre des travaux des conseils départementaux, un suivi particulier
du plan d'action relatif à la délinquance des mineurs devra être
assuré par les autorités plus particulièrement chargées
de la jeunesse : le sous-préfet à la ville, le procureur de la
République ou le substitut chargé des mineurs, le président
du tribunal pour enfants, l'inspecteur d'académie, le directeur départemental
de la sécurité publique, le commandant de groupement de gendarmerie
nationale, le directeur départemental de la protection judiciaire de
la jeunesse, le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales.
Le président du conseil général, qui assure la vice-présidence
du conseil départemental de prévention de la délinquance,
devra être associé à ce suivi.
1.2.2. La mobilisation
des conseils communaux de prévention de la délinquance et l'élaboration
d'un volet spécifique à la délinquance des mineurs dans
les contrats locaux de sécurité
Le plan d'action relatif à la délinquance des mineurs sera décliné
localement, en étroite liaison avec les municipalités et avec
les associations intervenant, à un titre ou un autre, dans la prise en
charge des mineurs.
Ce plan sera élaboré au sein du conseil communal de prévention
de la délinquance lorsqu'une telle structure existe. Lorsqu'un contrat
local de sécurité est envisagé, ce document devra inclure
un volet spécial consacré aux mineurs.
Dans le cadre des contrats locaux de sécurité déjà
signés, des conventions particulières pourront être conclues,
après avoir fait l'objet d'un examen au sein des conseils communaux de
prévention de la délinquance concernés, afin de compléter
les actions en cours par des mesures spécifiques relatives aux mineurs.
1.2.3. Les formations
locales communes aux différents intervenants
Des sessions de formation pluridisciplinaire destinées aux professionnels
confrontés à la délinquance des mineurs (personnels de
justice, de police et de gendarmerie, intervenants sanitaires, sociaux et éducatifs,
qu'ils appartiennent à la fonction publique nationale et territoriale
ou qu'ils relèvent du secteur privé) devront être organisées
pour :
- permettre l'acquisition ou l'actualisation des connaissances sur les causes
de la délinquance des mineurs rencontrée localement ;
- développer les savoir-faire professionnels en les adaptant à
la spécificité de ces publics et à la nature des problèmes.
La formation s'organisera au niveau régional pour les personnels d'encadrement
des services déconcentrés de l'Etat et au niveau local pour les
acteurs de terrain confrontés aux jeunes en risque de délinquance.
La formation multidisciplinaire de l'ensemble des acteurs locaux sera déconcentrée
et mise en oeuvre dans chaque région.
Les préfets de région, délégataires des fonds d'animation
et de formation (délégation interministérielle à
la ville) ainsi que des fonds de la formation interministérielle déconcentrée
(direction générale de l'administration et de la fonction publique),
incluront cette priorité dans l'élaboration du programme régional
1999. Les préfets de département encourageront le montage de telles
formations dans le cadre des contrats de ville et des conseils communaux de
prévention de la délinquance, en mobilisant la participation financière
des partenaires, employeurs des professionnels concernés (commune, conseil
général, associations...), ainsi que les crédits de la
formation professionnelle (Etat et conseil général). Ils pourront
faire appel aux crédits du fonds interministériel pour la ville
(FIV) qui sont déconcentrés au niveau départemental, éventuellement
abondés par des crédits déconcentrés au niveau régional.
2. Les actions prioritaires
2.1. L'élaboration du plan local d'action
relatif à la délinquance des mineurs
En fonction des spécificités départementales et locales,
le plan d'action relatif à la délinquance des mineurs déclinera
les orientations définies par le Gouvernement. Ce plan portera notamment
sur les points suivants :
2.1.1. Le dispositif
de soutien aux parents et de lien avec l'école
Les pouvoirs publics doivent s'efforcer de remobiliser les parents et inciter
les familles à exercer toutes leurs responsabilités.
Dans cette optique, il est nécessaire d'associer davantage les familles
au processus éducatif proposé par le système scolaire.
Pour développer le dialogue entre l'école et les parents, il faut
inviter ceux-ci à participer le plus possible à la vie des établissements.
A cette fin, il faut que les moyens de communication entre le système
scolaire et les familles soient clairs et facilement compréhensibles.
Il faut également amplifier l'information sur l'activité des délégués
de parents.
Les écoles seront invitées à créer des lieux pour
recevoir les parents et ouvrir plus largement le dialogue avec ceux-ci et, en
particulier, ceux qui ne participent pas aux associations de parents d'élèves
et qui souffrent le plus d'un manque de reconnaissance.
Il convient également de sensibiliser les parents à leurs responsabilités
à l'égard du comportement de leurs enfants. L'éducation
à la citoyenneté qui incombe à l'école doit trouver
un relais auprès des familles pour être pleinement efficace.
Ce point a notamment fait l'objet des travaux de la conférence de la
famille du 12 juin 1998 et a été évoqué lors du
comité interministériel des villes du 30 juin 1998.
Cette mesure doit faire l'objet d'un abondement de crédits sur le budget
du ministère de l'emploi et de la solidarité (directions de l'action
sociale). Une circulaire interministérielle est en cours d'élaboration.
Les préfets (directions départementales de l'action sanitaire
et sociale et sous-préfets ville) seront chargés de mobiliser
tous les partenaires déjà impliqués dans le soutien aux
parents pour organiser, sur la base d'un territoire donné (une commune,
une agglomération), un réseau visible et accessible des structures
d'accueil et de soutien aux familles. L'objectif est d'identifier ces structures
(CIDF, UDAF, association de quartier, école des parents et des éducateurs,
centre social...) et de renforcer leur action auprès des parents, de
favoriser l'adaptation de leurs pratiques pour aller au plus près de
ceux que leur culture éloigne des services publics et de conforter la
constitution de réseaux d'entraide et de solidarité des familles
entre elles.
Un diagnostic local devra être fait en commun par les partenaires dans
chaque département, au sein d'un comité de pilotage. Sur la base
de ce document, qui fera ressortir les besoins, un ou plusieurs projets seront
élaborés pour l'organisation de ces réseaux et pour la
création de « points d'information parents » supplémentaires
si nécessaire. Un animateur du réseau pourra être recruté
et rémunéré sur crédits d'Etat.
2.1.2. Les actions de
prévention en faveur des jeunes
à l'école et les actions postscolaires et périscolaires
Il s'agit :
- des classes relais ;
- des actions d'accès au droit, pilotées par les cellules départementales
justice-ville ;
- de l'accompagnement et du soutien scolaire ;
- des actions de développement culturel.
2.1.3. Le développement
d'un réseau de bénévoles
contribuant à la prise en charge des jeunes
Il s'agit de mobiliser, dans le cadre de la politique de la ville, les collectivités
locales, les associations et les citoyens autour de la prise en charge des jeunes,
par la constitution d'un réseau de personnes bénévoles,
intervenant ou non dans une association, pour agir sur trois niveaux :
- participer à des actions visant à apporter une aide et un soutien
aux jeunes et à leurs familles dans le cadre des politiques partenariales
de prévention ;
- contribuer à la mise en oeuvre d'actions éducatives en faveur
de mineurs suivis par décision de justice, en appui de l'action des professionnels
;
- mettre en oeuvre, en qualité de personnes habilitées, des mesures
de justice.
Les conseils municipaux et départementaux de prévention de la
délinquance doivent être les lieux de cette mobilisation, qui doit
également concerner les jeunes majeurs. L'ensemble des catégories
professionnelles et des classes d'âge devra être sollicité.
2.1.4. La prise en charge
psychiatrique des adolescents
qui le nécessitent
Cette prise en charge sera organisée :
- en veillant à ce que les secteurs de psychiatrie infanto-juvénile
disposent d'une capacité d'accueil suffisante et développent notamment
des consultations à destination des adolescents ;
- en formant, dans chacun des vingt-six départements prioritaires, deux
personnels, infirmier ou psychologue, du secteur, afin qu'ils puissent écouter,
informer et former les autres professionnels confrontés à la délinquance
des mineurs. Ces personnels seront chargés d'assurer la coordination
entre l'ensemble des acteurs locaux et les secteurs de pédopsychiatrie
du département.
2.2. La relance du plan
de lutte et de prévention
de la violence à l'école
Désamorcer la violence passe tout d'abord par un renforcement systématique
des actions à portée éducative au sein même des établissements,
impliquant tous les niveaux hiérarchiques et accompagné de manière
prioritaire d'actions de formation des personnels. Cette éducation préventive
est mise en oeuvre dans le cadre des comités d'éducation à
la santé et à la citoyenneté, qui doivent se généraliser
dans tous les établissements scolaires.
Elle implique également des mesures spécifiques destinées
à renforcer la sécurité dans les établissements
: mesures internes (rénovation des règlements intérieurs,
qui doivent constituer de véritables chartes de vie scolaire communes
et être respectés par tous les membres de la communauté
éducative) ou mesures partenariales (élaboration de bilans de
sécurité ; renforcement de la protection physique des établissements
; désignation de correspondants sécurité dans les établissements
et les inspections académiques ; désignation de correspondants
scolaires dans les services de la justice, de la police et de la gendarmerie
; lutte contre l'absentéisme et collaboration avec le conseil général
et les parquets).
Elle passe par une concentration de moyens destinés à renforcer
la présence d'adultes dans les établissements les plus exposés.
L'expérimentation conduite à ce sujet dans dix sites répartis
dans six académies sera évaluée et poursuivie de manière
appropriée.
Face à des situations de violence, il est nécessaire qu'une réponse
adaptée soit apportée sans délai, dans le cadre interne
de mesures éducatives ou d'une procédure disciplinaire et, simultanément,
dès lors que la situation l'exige, dans le cadre d'un signalement au
service de l'aide sociale à l'enfance des conseils généraux
ou au parquet. Le ministère public est tenu d'informer le plus rapidement
possible les chefs d'établissement et les autorités académiques
des suites données aux signalements.
En cas de troubles à l'ordre public ou de risques de troubles, le préfet
doit requérir les services de police ou les unités de gendarmerie
pour renforcer la sécurité aux abords des établissements.
Le partenariat interministériel en vue d'améliorer la sécurité
en milieu scolaire est institutionnalisé par des conventions départementales,
prises en application de la circulaire interministérielle du 14 mai 1996.
Les partenaires nécessairement associés à la mise en oeuvre
de ces conventions sont les autorités judiciaires, la protection judiciaire
de la jeunesse, l'éducation nationale, la police nationale et la gendarmerie
nationale. Il est recommandé que des avenants à ces conventions
définissent les modalités de partenariat avec les conseils généraux.
Ces conventions devront être signées dans tous les départements
avant le 31 décembre 1998.
La circulaire interministérielle du 2 octobre 1998 relative à
la lutte contre la violence en milieu scolaire et au renforcement des partenariats
(publiée au Journal officiel du 11 octobre 1998) indique de manière
plus détaillée les mesures à prendre pour combattre la
délinquance en milieu scolaire.
2.3. L'engagement d'une
concertation avec les conseils généraux
Les conseils généraux sont chargés, dans le cadre de leur
mission générale de prévention de l'inadaptation sociale,
de la protection administrative des mineurs et de l'aide à la famille.
Il est nécessaire de nouer un partenariat actif entre les services de
ces collectivités et les responsables de la protection judiciaire de
la jeunesse et des autres services de l'Etat qui interviennent dans un cadre
départemental auprès des mineurs et de leurs familles.
Cette démarche nouvelle, axée sur une meilleure coordination des
services, ainsi que sur une volonté de partager les informations que
chacun détient sur les difficultés rencontrées par les
jeunes et leurs parents, est de nature à prévenir les situations
d'inadaptation sociale, qui constituent un facteur déterminant de l'accroissement
de la délinquance juvénile.
Dans cette perspective, il sera proposé au président du conseil
général de conclure une charte ou un protocole pour la prévention
et la protection de l'enfance en danger avec les représentants de l'autorité
judiciaire (président du tribunal de grande instance et procureur de
la République) et les services déconcentrés de l'Etat concernés.
L'objectif essentiel de ce document contractuel sera d'améliorer la circulation
de l'information entre les services de l'aide sociale à l'enfance, le
parquet, les services de la protection judiciaire de la jeunesse et les autres
services déconcentrés de l'Etat compétents en ce domaine.
Enfin, le représentant de l'Etat dans le département devra, dans
toute la mesure possible, inciter les responsables départementaux de
la protection administrative et judiciaire des mineurs à arrêter
conjointement leur schéma départemental de l'enfance.
Vous voudrez bien nous rendre compte, avant le 15 février 1999, des modalités
de mise en oeuvre des présentes instructions par vos services respectifs
et nous signaler, le cas échéant, les difficultés d'application
que celles-ci pourraient soulever.
La ministre de l'emploi et de la solidarité, |
A N N E X E
LISTE DES VINGT-SIX DEPARTEMENTS « TRES SENSIBLES »
06 Alpes-Maritimes.
13 Bouches-du-Rhône.
26 Drôme.
28 Eure-et-Loir.
31 Haute-Garonne.
33 Gironde.
34 Hérault.
38 Isère.
42 Loire.
44 Loire-Atlantique.
59 Nord.
60 Oise.
62 Pas-de-Calais.
67 Bas-Rhin.
68 Haut-Rhin.
69 Rhône.
76 Seine-Maritime.
77 Seine-et-Marne.
78 Yvelines.
83 Var.
84 Vaucluse.
91 Essonne.
92 Hauts-de-Seine.
93 Seine-Saint-Denis.
94 Val-de-Marne.
95 Val-d'Oise.