Circulaire relative aux réponses judiciaires aux toxicomanies

17 juin 1999

NOR : JUS A 9900148 C

Direction des Affaires criminelles et des Grâces
Sous-direction des affaires pénales générales et des grâces
Bureau de la protection des victimes et de la prévention

Direction de l’Administration pénitentiaire
Sous-direction des personnes placées sous main de justice
Bureau des politiques sociales et d'insertion

Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse
Sous-direction de l'action éducative et des affaires judiciaires
Bureau des méthodes et de lo'action éducatives


 
 

LE GARDE DES SCEAUX, MINISTRE DE LA JUSTICE

POUR ATTRIBUTION
Mesdames et Messieurs les Premiers Présidents des Cours d'Appel
et
Madame et Messieurs les Procureurs Généraux près lesdites Cours
Messieurs les directeurs régionaux des services pénitentiaires
Mesdames et Messieurs les directeurs régionaux de la protection judiciaire de la jeunesse

POUR INFORMATION
Messieurs les Préfets de Départements
Messieurs les chefs de projet "toxicomanie"


 
 
SOMMAIRE

1.
L'adaptation des réponses judiciaires aux problématiques des toxicomanes majeurs
1.1.
L'adaptation des réponses judiciaires nécessite une meilleure appréhension de la situation des personnes toxicomanes présentées à la Justice
1.2.
L'adaptation des réponses judiciaires au cours de l'enquête initiale
1.3.
L'adaptation des réponses judiciaires dans la phase présentencielle
1.4.
L'adaptation des réponses judiciaires dans la phase sentencielle et postsentencielle

2.
L'adaptation des réponses judiciaires à l'usage de produits toxiques par les mineurs
2.1
L'adaptation des réponses aux toxicomanies des mineurs dans le cadre de l'assistance éducative
2.2.
L'adaptation des réponses aux toxicomanies des mineurs dans le cadre pénal

3.
Les réponses judiciaires doivent être articulées avec celles des autres intervenants


Annexes

Annexe A
L'évolution du contexte général de la toxicomanie
Annexe B
Les réponses judiciaires aux toxicomanies des majeurs
Annexe C
Les réponses judiciaires aux toxicomanies des mineurs
Annexe D
L’articulation des dispositifs locaux de lutte contre la toxicomanie
Annexe E
Quelques expériences locales

 
 
Le contexte général de la lutte contre la toxicomanie a considérablement évolué ces dix dernières années. Les substances consommées se sont diversifiées, de nouveaux produits de synthèse sont apparus. L'expérimentation du cannabis s'est répandue chez les jeunes et certains d'entre eux consomment simultanément plusieurs produits psychoactifs licites ou illicites. D'une manière générale, l'éventail des publics touchés et des pratiques d'usage s'est ouvert.
Ces évolutions ont conduit les politiques de prévention à prendre en compte l'ensemble des situations de dépendance à un produit, qu'il soit licite ou illicite, et à les aborder à travers une approche éducative globale destinée à informer sur les conduites à risques.
Par ailleurs, le développement des maladies transmissibles parmi les usagers de drogue par voie intraveineuse et, plus généralement, l'aggravation de la situation sanitaire et sociale des consommateurs dépendants ont modifié les modalités de prise en charge des toxicomanes et la conception des soins: les traitements de substitution et la politique de réduction des risques en sont la traduction.

Après une concertation interministérielle, il m'est apparu nécessaire de préciser les conséquences qu'il convient de tirer de ces évolutions pour l'action de la Justice.

En effet, si l'intervention judiciaire n'est pas le seul mode de régulation sociale traitant des problèmes liés aux toxicomanies, la Justice doit néanmoins tenir sa place au carrefour des politiques sanitaires et sociales d'une part, répressives d'autre part. Conformément à la lettre et à l'esprit de la loi du 31 décembre 1970, l'usage de stupéfiants est un délit passible d'une peine d'emprisonnement d'un an et d'une amende de 25.000 francs; c'est aussi une conduite à risque qui justifie que l'on prenne toujours en considération la relation de la personne au produit et que l'on privilégie, dans certains cas, l'intervention de professionnels du réseau sanitaire et social.

Les présentes directives ont donc pour objet de définir, dans le cadre législatif existant, les orientations de la politique pénale de lutte contre la toxicomanie, qui tendent vers les objectifs suivants :