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Cour de Cassation - Chambre civile 1
Audience publique du 16 Juillet 1992
Rejet.
N° de pourvoi : 91-12871
Président :M Massip, conseiller doyen
faisant fonction
Demandeur : Direction des interventions sanitaires et sociales
de l'Oise
Défendeur : Mme Y
Rapporteur :M Gélineau-Larrivet
Avocat général :M Sadon
Avocat :la SCP Boré et Xavier.
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Sur le moyen unique, pris
en ses deux branches :
Attendu, selon les énonciations
des juges du fond, que Mme Catherine X, épouse Y a mis au monde, le 26
septembre 1986 un enfant prénommé Stéphane, qui a été
déclaré à l'état civil sous le seul nom de sa mère
et reconnu par celle-ci ; que par ordonnance du juge des enfants du 21 avril
1987, cet enfant a été confié au service de l'aide sociale
à l'enfance de l'Oise ; que le 1er juin 1989, la direction des interventions
sanitaires et sociales de ce département a saisi le tribunal de grande
instance d'une requête en déclaration d'abandon ; que l'arrêt
infirmatif (Amiens, 22 janvier 1991) a rejeté cette requête ;
Attendu que l'Administration
reproche à l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors qu'en ne
recherchant pas, d'une part, si les manifestations d'intérêt de
la mère n'avaient pas été insuffisantes pour maintenir
des liens affectifs avec l'enfant et, d'autre part, si l'intérêt
de celui-ci n'était pas qu'il devienne adoptable avant qu'il ne soit
trop tard, la cour d'appel aurait privé sa décision de base légale
;
Mais attendu que, dès
lors que le désintérêt manifeste des parents, dont la constatation
est exigée par l'article 350 du Code civil, n'est pas établi,
l'intérêt de l'enfant ne constitue pas une condition suffisante
permettant de déclarer judiciairement l'abandon ;
Et attendu que, par motifs
propres et adoptés, l'arrêt relève d'abord qu'il est établi
que pendant la période d'un an ayant précédé le
dépôt de la requête en déclaration d'abandon, Mme
X a, malgré des difficultés importantes, rendu visite à
son fils huit fois, entre le 15 novembre 1988 et le 24 janvier 1989 ; qu'il
relève ensuite qu'avant comme après ces visites, la mère
a toujours pris soin de se renseigner sur l'état de l'enfant et de téléphoner
à l'institution hébergeant celui-ci pour expliquer les raisons
l'empêchant de se déplacer ; que, de ces constatations et appréciation
des faits, la cour d'appel a pu déduire que Mme X avait entretenu avec
son enfant les relations nécessaires au maintien de liens affectifs ;
qu'elle a ainsi légalement justifié sa décision ;
D'où il suit qu'en
aucune de ses branches le moyen ne peut être accueilli ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi
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