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Une meilleure scolarisation


- Maintien scolaire et rescolarisation
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Les élèves scolarisés dans un dispositif relais en 98/99 : que sont-ils devenus un an après ?
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Des outils pour les réapprentissages des savoirs de base

"Si des enseignants et des éducateurs se mobilisent au quotidien, c'est parce qu'ils partagent la conviction que socialisation et apprentissage vont de pair. Ces deux notions s'étayent mutuellement et représentent la seule voie qui permette à des adolescents de se construire un avenir malgré les difficultés et les désordres qu'ils expriment."
Dominique Brossier - chargée des classes relais à la DPJJ


Maintien scolaire et rescolarisation

Les mineurs pris en charge par la PJJ sont le plus souvent confrontés à de graves difficultés scolaires, voire totalement déscolarisés.

C'est pourquoi, les directions de l'enseignement scolaire de l'Education nationale et de la Protection judiciaire de la jeunesse ont mis en place des dispositifs visant au maintien scolaire et à la rescolarisation. Ce sont les classes relais. Ces classes relais sont destinées à tous les élèves de collège qui sont entrés dans un processus évident de rejet de l'institution scolaire. Parmi ces élèves, la moitié fait l'objet d'une mesure judiciaire ou administrative.

L'objectif des classes relais est de réinsérer durablement les élèves concernés dans un parcours de formation générale, technologique ou professionnelle en les engageant simultanément dans des processus de resocialisation et de réinvestissement dans les apprentissages.

Ces dispositifs relais étaient au nombre de 260 pour l'année 2000-2001. Ils ont accueilli environ 3 900 élèves. L'enseignement se fait en lien avec les programmes du collège en se centrant sur l'acquisition des savoirs fondamentaux. Le réinvestissement dans les apprentissages est considéré ici comme facteur de socialisation.


Les élèves scolarisés dans un dispositif relais en 98/99 : que sont ils devenus ?

Cette enquête, effectuée par le Centre Alain Savary de l'INRP (Institut national de recherche pédagogique) porte sur les élèves scolarisés dans un dispositif relais en 98/99 et leur devenir l'année suivante. Elle permet d'apporter un éclairage précis sur le rôle des classes relais.

Première constatation : les élèves présents dans les classes relais sont tous des mineurs vivant des situations sociales, familiales ou affectives particulièrement difficiles, ne se mariant guère avec les contraintes exigées par l'école.
- 30% des élèves enquêtés étaient totalement déscolarisés lors de leur admission dans le dispositif (depuis plus de 5 mois en général).
- Les trois quarts restants étaient en risque de déscolarisation. Ils fréquentaient encore un établissement mais y montraient un comportement perturbateur ou absentéiste.
- Très majoritairement, les élèves concernés ont un niveau scolaire faible et ont déjà redoublé une classe (le plus souvent le CP, la 6e et la 5e). Un tiers seulement des élèves de 6e et de 5e est jugé au niveau de sa classe. Un tiers des élèves de 6e sont jugés comme ayant un niveau de CE2/CM1.

La relation est primordiale
L'apprentissage des savoirs semble dans ces classes relais fortement conditionné à la relation aux professeurs. Dans le discours des élèves, l'éducateur ou l'enseignant de la classe relais apparaît comme un adulte référent. Il semble même que pour un certain nombre d'entre eux, il s'agit du premier référent adulte (autre que la famille) auquel le jeune accorde une telle importance.

Les effets induits sur les mineurs par leur temps de passage dans les dispositifs relais s'expriment plus par des évolutions importantes dans le comportement ou sur leur pouvoir d'analyse, qui ne se traduisent pas pour autant sur leurs parcours scolaires : dans 68% des cas, le comportement de ces élèves évolue positivement pendant leur séjour dans le dispositif. Dans 35% des cas, une attitude positive vis-à-vis du travail scolaire est notée.

Eu égard à la population concernée, les premiers résultats sur le pouvoir de rescolarisation de ces dispositifs semblent pourtant encourageants. Alors qu'ils présentaient majoritairement un fort risque de déscolarisation en 1997-1998, 78% des élèves enquêtés se maintiennent dans une structure de formation à la fin de l'année scolaire 98-99.

Des outils pour les réapprentissages des savoirs de base

Différentes enquêtes montrent que la grande majorité des mineurs confiés aux services de la PJJ, même s'ils ont théoriquement l'âge de fréquenter le collège, obtient des performances en français et en mathématiques qui se situent entre le CE1 et le CM1. Ils n'ont pas acquis au cours de la scolarité primaire les savoirs fondamentaux qui permettent de communiquer, de participer à la vie de son groupe social et culturel, de comprendre les processus complexes et diversifiés de la vie quotidienne et professionnelle et d'atteindre une autonomie sociale et économique. Les enseignants et les personnels de la PJJ sont très démunis face à ces mineurs en situation d'apprentissage tardif, voire en refus scolaire.

EVALIRE : un outil d'évaluation des compétences en lecture
Pour remédier à cette situation, la PJJ a mis au point, en collaboration avec une équipe de linguistes de l'Université Paris-V et des enseignants du Centre national d'études et de formation pour l'enfance inadaptée (CNEFEI), un dispositif spécifique d'évaluation du "savoir lire", EVALIRE. Ce dispositif est aujourd'hui disponible à tous les personnels des structures qui travaillent avec des adolescents et jeunes adultes en difficulté. Des journées de formation sont mises en place pour former les personnels à cet outil.

Complémentairement à Evalire, deux outils de remédiation sont proposés : les ateliers de questionnement de textes et les langagiciels qui permettent d'améliorer la maîtrise du langage. D'autres outils sont disponibles ou en cours d'élaboration dans le champ des sciences et des mathématiques. Ces outils offrent la possibilité de mobiliser des compétences et des opérateurs de pensée fondamentaux à l'apprentissage et permettent ainsi de se dégager de la seule répétition d'apprentissages mal acquis et de sortir d'une pédagogie de "comblement des lacunes".

"La classe relais, c'était comme si on était frères et sœurs. Cinq, on était les cinq doigts de la main, on pouvait pas se lâcher. Y'avait pas d'autres copains. Problème dans la famille, problème avec les parents, on se considérait de la même manière, c'est tout." Un élève de la classe relais

 

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