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Le rapport Deschamps
commentaire de Laurent Michel
ancien Juge des enfants
substitut à Paris
Lorsque les services savent qu'aucune - vraiment aucune - décision ne sera prise sur la base d'informations téléphoniques (sauf dans l'hypothèse où le travailleur social peut affirmer que ses propositions reçoivent l'adhésion de tous les intéressés) et lorsqu'ils se savent tenus par le juge de donner connaissance de l'intégralité de leurs écrits avant l'audience aux familles, on constate que les rapports sont pertinents et correctement rédigés, parce que le juge est à distance et que la sanction d'un rapport édulcoré n'est autre que le non-lieu, toutes circonstances qui imposent d'être convaincant. Je n'ai jamais constaté en 5 ans d'exercice des fonctions de JE que cette pratique jugée parfois abrupte ait causé en elle-même des difficultés préjudiciables aux enfants, notamment dans la conduite des mesures éducatives ou dans la poursuite du travail de prévention (dans l'hypothèse où la démarche de signalement ne l'a pas compromise).
Il est cependant possible que les familles vivent
plus péniblement leur rencontre avec l'institution judiciaire, mais elles
ne tardent pas à y reconnaître une garantie.
En
revanche, il est évident qu'en procédant de la sorte, le juge
accroît l'angoisse de ses partenaires car il ne peut que réduire
à presque rien la quantité de décisions prises sous le
coup de l'urgence et parce qu'il entretient l'incertitude sur le résultat
du débat - et qui dit angoisse, dit conflits...
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