Le nombre des mineurs mis en cause
est passé de 90 000 à 100 000 pendant la décennie
1980 -1990, et à plus de 171 000 en 1998. Pour y répondre,
le Gouvernement a défini une stratégie d’ensemble
lors du Conseil de sécurité intérieure du 8
juin 1998 et l’a confirmée et développée lors
du Conseil de sécurité intérieure du 27 janvier
1999. Ce plan gouvernemental fixe les grandes orientations
et les actions à mettre en œuvre par l’ensemble des ministères
concernés.
Relevé de décisions - Conseil de Sécurité
intérieure du 27/01/1999. Orientations définies par
le Gouvernement,
en matière de délinquance des mineurs - Conseil de
Sécurité intérieure du 08/06/1998. Les décisions des Conseils de sécurité
intérieure successifs ont permis au ministère de la
Justice d’intensifier les actions déjà mises en œuvre
en dégageant les axes de travail suivants.
Agir sur l’environnement
des jeunes
· permettre aux familles d’exercer leurs responsabilités
et leur apporter de l’aide ;
· renforcer le rôle de prévention de l’école
: mieux maîtriser l'absentéisme scolaire, éviter
les cycles d’exclusion, développer les classes-relais.
Donner une réponse
rapide et lisible à chaque acte de délinquance
· pour les affaires les moins graves, convocation des mineurs
et de leurs parents, avertissement ou mesure de réparation.
Les maisons de justice et du droit doivent être développées
et devenir un premier lieu de médiation pénale. Les
délégués du procureur doivent être recrutés
à ce titre ;
· pour les affaires les plus graves, assurer la continuité
de la prise en charge éducative, renforcer les dispositifs
d’hébergement, adapter les conditions d’incarcération
des mineurs.
Impliquer tous les services
de l’État
et les collectivités locales autour d’un projet
d’action territorialisée, en premier lieu l’Éducation
nationale, les conseils généraux et les municipalités.
Plusieurs circulaires sont venues prééciser les
modalités d’application de ces orientations. Il convient
de citer plus particulièrement :
· la circulaire de politique pénale du garde des
Sceaux du 15 juillet 1998 ;
· la circulaire interministérielle du 6 novembre
1998 ;
· la circulaire d’orientation de la Protection judiciaire
de la jeunesse du 24 février 1999 ;
· et la circulaire du 9 mars 1999 relative aux réseaux
d’appui des parents.
La prise en charge diversifiée
des mineurs
Les centres de placement immédiat constituent une des réponses
apportées par le Conseil de sécurité intérieure
du 27 janvier 1999 :
La création de 50 centres de placement immédiat
d’ici 2001 - 15 devront être mis en œuvre d’ici la fin de
cette année - est une des mesures décidées
lors du conseil de sécurité intérieure du 27
janvier dernier. Ils ont pour mission :
· accueillir sans délai des mineurs placés
sur décision de justice ;
· assurer un contrôle strict par un encadrement éducatif
permanent ;
· réaliser un travail d’évaluation de la situation
de ces mineurs afin de proposer dans un délai d’un à
trois mois une orientation à plus long terme ;
· organiser des activités suffisamment mobilisatrices
dans la journée. Une présélection
des sites possibles a été réalisée par
la direction de la Protection judiciaire de la jeunesse avec les
directeurs territoriaux. La capacité d’accueil de ces
services sera de dix à douze places. Toutefois, pour tenir
compte des contraintes liées aux règles de mouvements
de personnels, elle devra être progressive et tenir compte
des personnels en poste au 1er septembre 1999. Les centres de placement
immédiat pourront bien fonctionner et remplir la mission
qui est la leur à deux conditions :
· l’insertion dans un dispositif départemental ou
régional pour réaliser l’orientation des mineurs dans
les délais prévus ;
· l’instauration d’une collaboration étroite avec
les juridictions.
D’autres dispositifs sont mis en place pour augmenter
les capacités d’hébergement et de placement :
La création
de centres de placement immédiat s’accompagne de la volonté
de diversifier les modalités d’accueil des jeunes tant en
ce qui concerne l’hébergement que les activités de
jour. Ainsi, la capacité d’accueil des centres de jour,
qui permettent d’engager avec les jeunes en rupture scolaire une
insertion professionnelle et un projet d’avenir, sera accrue notablement
dès 1999. Les centres éducatifs renforcés,
structures qui prennent en charge des jeunes les plus en difficulté,
sur une période de 3 à 6 mois, avec un suivi permanent
d’éducateurs pour élaborer un projet de resocialisation,
seront également développés : 10 CER supplémentaires
aux 13 existants sont en cours de création. Au 30 décembre
2000, 100 CER seront en activité. Des cahiers des charges
relatifs aux CPI et CER ont été diffusés. Un
appel à projet en direction du secteur associatif a été
lancé.
Une circulaire d’orientation
éducative a été adressée le 24 février
1999 par la directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse
aux directeurs territoriaux
Une mise en œuvre après concertation Tout au long de l’automne
1998, les organisations syndicales représentatives ont été
reçues séparément avant la réunion d’un
comité technique paritaire qui s’est tenu le 2 décembre
1998 et qui, pour l’essentiel, a portéé sur les thèmes
contenus dans le projet de circulaire d’orientation. Le dialogue
social a également été conduit tant au plan
régional que départemental par les responsables territoriaux
concernés. Un comité technique paritaire ministériel
a examiné le 18 février 1999 le projet de décret
et l’arrêté fixant les modalités exceptionnelles
de recrutement d’éducateurs de la Protection judiciaire de
la jeunesse. Le 24 février 1999, un comité technique
paritaire a permis d’aborder les modalités de mise en œuvre
des orientations du Conseil de sécurité intérieure
du 27 janvier. Figuraient à l’ordre du jour les dispositifs
d’hébergement et de prise en charge intensive. Des orientations clairement définies Les orientations définies
pour les services de la Protection judiciaire de la jeunesse visent
essentiellement à adapter les outils et les modes d’intervention
aux nouvelles réalités que vivent les mineurs en difficulté,
délinquants ou en danger, ainsi qu’à un nouveau contexte
institutionnel d’action marqué par la mise en œuvre de politiques
publiques territorialisées.Les services de la Protection
judiciaire de la jeunesse doivent, en effet, prendre en charge des
jeunes très difficiles que seul un travail de socialisation
et d’éducation peut conduire à terme à une
réinsertion dans la société. Il s’agit donc
de mettre en place aujourd’hui, dans tous les services, les conditions
d’un accompagnement éducatif intensif de ces mineurs.
Une meilleure coordination des services d’un même département
devra permettre la mise en place d’un dispositif départemental
ciblé à la fois sur la mise en œuvre de programmes
d’activités de jour et sur une meilleure organisation du
placement des mineurs. Ce dispositif intégrera la possibilité
d’avoir recours, pour les mineurs les plus ancrés dans la
délinquance, à des solutions de rupture et d’éloignement
momentané. La territorialisation de l’action des services
de la Protection judiciaire de la jeunesse doit également
se poursuivre dans les années à venir : conduite,
par les directeurs territoriaux, d’une politique mobilisant les
ressources utiles dans leur ressort et développement de la
déconcentration de la gestion, qui doit permettre une capacité
d’intervention plus rapide et des réponses mieux adaptées
aux réalités locales. La mise en œuvre de ces
orientations doit s’inscrire dans une dynamique de mobilisation
de tous les acteurs de l’institution. Il a donc été
demandé aux directeurs territoriaux de lancer des travaux
professionnels autour de ces orientations afin de recréer
une dynamique de réflexion commune entre magistrats et personnels
éducatifs du secteur public et du secteur associatif et de
favoriser le décloisonnement des services ainsi que les échanges
sur les pratiques professionnelles. D’ores et déjà, des initiatives méritent
d’être soulignées :
- pour assurer une meilleure articulation
entre les services de l’aide sociale à l’enfance et les
juridictions pour mineurs, un travail de diagnostic et d’évaluation
a été lancé le 30 mars 1999 conjointement
avec le ministère de l’emploi et de la solidarité
et l’assemblée des présidents de conseils généraux
dans 16 départements volontaires ;
- des séminaires de travail
associant la Chancellerie à des magistrats du siège
et du parquet des tribunaux et des cours d’appel ont été
organisés en octobre 1998 dans les 26 départements
prioritaires. Ils se prolongeront en 1999 par des séminaires
régionaux ;
- un travail s’est engagé
avec les services de police depuis le 30 avril 1999 dans 5 sites
expérimentaux (Pontoise, Senlis, Marseille, Mulhouse,
St-Etienne).
Recrutement exceptionnel
d’éducateurs
Le décret réformant
les conditions de recrutement des éducateurs prévoit
le recrutement de candidats titulaires du bac+2 et justifiant de
3 années au moins de pratique professionnelle en matière
sociale, éducative et sportive. Ce texte, qui a
reçu l’aval du comité technique paritaire ministériel
le 18 février 1999, soumis le 9 avril au conseil supérieur
de la fonction publique, examiné par le conseil d’État
le 13 avril, sera signé par les ministres compétents
courant mai.
Un recrutement
exceptionnel d’éducateurs aura lieu en novembre Les inscriptions débuteront
le 15 juin après la mise en œuvre d’une campagne de communication
destinée à faire connaître le concours d’éducateurs
et à susciter des candidatures de personnes formées
aux questions sociales les plus diversifiées. Elle sera
notamment orientée vers les universités de sciences
sociales, les instituts régionaux de travail social, les
IUT carrières sociales et animations sociales, et les filières
universitaires d’activités physiques et sportives.
Ces nouveaux personnels, qui seront en poste en 2000, bénéficieront
d’une formation de six mois par le Centre national de formation
et d’études de la Protection judiciaire de la jeunesse (CNFE.-PJJJ).
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