|
|
||||||
Le contradictoire et la communication des
dossiers
|
|||||||
|
Aujourd'hui,
la procédure d'assistance éducative échappe
au principe général du contradictoire qui s'impose
dans toute procédure civile (exception faite du régime
des personnes protégées). Déposé
en juin 2000, le rapport des inspections IGAS/IGSJ conduites par
Messieurs Naves et Cathala sur "les accueils provisoires de
placements d'enfants et d'adolescents" préconise un
certain nombre de propositions pour améliorer le système
français de protection de la famille et de l'enfance, et
notamment : Dans la procédure d'assistance éducative, le contradictoire aujourd'hui est essentiellement oral, assuré par le magistrat à l'audience, qui informe les familles du contenu de leur dossier (motifs de la saisine, contenu des enquêtes sociales, des rapports éducatifs), et assure une temporisation nécessaire dans des situations souvent délicates, où se rencontrent secrets de famille et pathologies parfois lourdes. En l'état actuel de la législation, l'article 1187 alinéa 2 du code de procédure civile ne permet pas aux familles d'avoir un accès direct au dossier d'assistance éducative mais en autorise uniquement la consultation par leur avocat. Or, le respect du droit des personnes exige que le principe du contradictoire soit affirmé et garanti par de nouvelles règles de procédure. Les parents doivent être en mesure de connaître les raisons pour lesquelles ils sont convoquées devant un magistrat et de préparer leur intervention et leur défense en toute connaissance des éléments du dossier. Cette évolution de la procédure se justifie surtout par l'évolution de notre démocratie vers une meilleure reconnaissance de la responsabilité des citoyens et de l'égale dignité de tous, notamment de ceux qui se trouvent dans la plus grande difficulté voire la plus grande précarité, conformément aux principes réaffirmés dans l'article 1er de la loi d'orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions. Elle mettra en conformité le droit français avec le droit européen et la jurisprudence de la cour européenne des droits de l'homme qui prévoit l'accès des parties à un procès à leur dossier. La nécessité de mieux assurer le principe du contradictoire impose cependant de conserver à la procédure d'assistance éducative sa spécificité et son caractère de justice négociée pour laquelle la loi invite le juge à recueillir l'adhésion des parties. Cette réforme doit, pour cette raison, s'accompagner des précautions nécessaires, notamment dans l'accès des familles à leur dossier, afin d'éviter les conséquences dramatiques de révélations trop brutales. Il s'agit, tout au long de la procédure d'assistance éducative, de donner toute sa place à l'autorité parentale afin de renforcer le droit des justiciables et des familles en affirmant le principe du contradictoire. Trois objectifs forts conduisent cette réforme : En rendant véritablement contradictoire la procédure d'assistance éducative, cette réforme représente un changement considérable qui aura des conséquences importantes sur la pratique des magistrats et des services éducatifs, et notamment sur le contenu de leurs écrits. L'enjeu d'une telle réforme, qui va nécessairement bousculer les pratiques, exige que des mesures d'accompagnement soient mises en oeuvre. Un texte va être élaboré avant l'été. La mise en oeuvre de ce texte sera toutefois décalée dans le temps, afin de mettre en place un travail sur les mesures d'accompagnement, indispensables à une telle réforme. © Ministère de la justice - Mars 2001 |
||||||
|
|
|
|
|
|
|